Work by Lucas Ngo

Lucas Ngo lives and works in Paris.

Originally from the South of France, the legacy of the great painters so drawn to Collioure — the town where Lucas grew up — manifests itself within a pictorial practice that navigates between narrative and abstraction.

In Lucas Ngo's plastic work, the portrait becomes landscape, a receptacle where memories fade, condense and disperse. A certain form of wandering emerges from the contemplation of these evanescent images, residues of encounters, generators of affects and emotions. The pictorial work around the portrait is inscribed within an attempt at erasure that, paradoxically, opens onto other reminiscences.

From intimate memory emerge unstable spatio-temporal faults where presence and absence coexist, around distant figures that reveal as many forms and landscapes as we carry intimately within ourselves. The memory of the body is revealed within veiled, blurred, spectral images, of which one cannot quite tell whether they are attempting to reveal themselves to consciousness or, on the contrary, to dissolve at the threshold of the unconscious.

Contemplating Lucas Ngo's prolific body of work carries us into a nebulous, phantasmagoric journey, a path plunged into half-light where forms emerge without violence for those who know how to contemplate shadow — a shadow that sends the viewer back to an interiority populated by intermingled ghosts and memories, where the figure of the body becomes a universal abstraction.

— Margaux Taleux, 2020

Texts

La peinture a quelque chose de liquide. Les figures de Lucas Ngo sont toujours sur le point de se dissoudre, de fondre, de devenir autre chose. Rarement nommés, ses modèles sont déjà des fantômes, garçons fantômes dont certaines parties du corps sont déjà effacées, ou en réserve. Ici un bras manque, ailleurs les jambes, une partie de la tête. C'est en partie l'effet d'un cadrage, peut-être un jeu de contraste entre la lumière et l'ombre mais c'est d'autant plus visible que le reste du corps est dessiné. Le travail de contour qui dompte la couleur s'estompe par endroit et devient poreux ; ainsi le corps devient sensation, et état de corps avant tout. Utilisant l'huile d'une façon singulière, sur toile ou sur papier mais toujours avec l'adjonction d'eau, il suggère une surface troublée. Les coulures ont cela de commun avec les émotions que l'on ne peut que provoquer et non pas contrôler. Lucas Ngo propose d'une façon paradoxale des portraits qui se dérobent au regard, ne se retrouvant pas, n'offrant pas une identité figée. Tout est affaire d'esquive, comme si le souvenir ne pouvait se retrouver en le fixant frontalement. Orphée ne ramena pas Eurydice. Là, un garçon semble retirer son t-shirt, un autre s'éloigne ; la mélancolie devient palpable. Parce que tout est impermanence, ses corps comme les paysages qu'il présentent peuvent être le lieu des variations. Proche dans l'esprit des peintures de montagne et d'eau, le modèle chinois du Shanshui, ses rivières et cascades ont quelque chose de plus symbolique que réaliste. La peinture ne se situe pas dans ce monde mais tout à côté et les effets d'eau créent une porosité.

— Henri Guette

Works

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